jeudi 5 janvier 2012
Lettre ouverte à Didier Burkhalter
mercredi 20 mai 2009
L’artiste engagé et le divertissement pur sucre
L'habitant actuel du Château montheysan s'appelle Martin Ferron. Un Québécois à l'oeuvre artistique teintée d'engagement social, intéressé par les questions de société les plus diverses et par les défis environnementaux.
Outre le contenu de son oeuvre, sa personnalité d'artiste tranche avec le politiquement correct de certains chanteurs. D'ailleurs, le Québécois ne mâche pas ses mots face à une industrie culturelle parfois complaisante, fabrique de stars à la petite semaine. Sur la scène des Star Academy et autres productions de starlettes à la chaîne, les artistes naissent, chantent et disparaissent comme autant d’éphémères.
La vision sans compromis d’un artiste engagé telle que défendue par le Québécois du Château montheysan tranche avec ces divertissements sans grande profondeur. L’artiste se doit de proposer une analyse pertinente et une critique sérieuse de sa société. Son rôle social se comprend surtout à travers sa capacité à provoquer l’interrogation, à montrer sous une lumière différente les détails du quotidien mais aussi à remettre en question les structures plus profondes du monde où il évolue. Cette vision de l’art replace le créateur et sa création au centre de la polis et les transforme en véritables acteurs de la vie en société.
Cette vision n’est pas nouvelle, mais, aujourd’hui, elle ne semble pas correspondre à ce qui est attendu de l’artiste comme personnalité publique. Sur les plateaux télé, il est invité pour la promotion de son dernier opus. Une chanson, quelques questions d’ordre personnel, puis, en tenant le CD du chanteur bien haut face à la caméra, l’animateur bien attentionné mentionnera les dates de la tournée. Trois petits tours et puis s’en vont : par ici les coulisses. On me reprochera un style caricatural. Mais mes détracteurs ne pourront manquer de remarquer que les émissions où l’artiste est invité pour lui-même, pour ses positions politiques, ses idéaux, ses critiques ne sont pas légions.
Et pourtant, le contenu de la création, mais également la personnalité de l’artiste, sont d’une importance absolument primordiale. En usant du vecteur puissant de la beauté, l’artiste ouvre une fenêtre sur un monde différent. Ses créations sont une invitation à l’évasion. Durant ce moment bref et infini à la fois, il nous emmène dans une réalité nouvelle et percutante.
Johan Rochel
www.chroniques.ch
vendredi 17 octobre 2008
Histoire de point(s) de vue
En ces temps d’élection, l’occasion est belle de tendre l’oreille pour comparer les méthodes de choix que chacun applique. Qui a servi au mieux mes intérêts au cours des quatre dernières années ? En répondant à cette question, l’électeur cherche à déterminer quel politicien lui est le plus utile, en ce sens qu’il défend ses intérêts propres.
Une autre approche consiste à demander quelles sont les personnes les plus à même à viser le bien commun. En cherchant à s’engager pour une société juste, on donne son bulletin de vote aux politiques capables de penser la société comme une globalité respectueuse de tous.
Un exemple simple montre que les deux approches amènent parfois à des conclusions opposées. Imaginons le cas où nous devrions nous prononcer sur un politicien proposant une baisse d’impôts, qui aurait comme conséquence une baisse des aides sociales. Si je pense en terme d’intérêt personnel, je vote en faveur d’une telle baisse (à supposer que je ne sois pas au bénéfice de l’aide sociale). Si j’estime qu’il en va d’un devoir de justice de donner assistance à certaines personnes dans le besoin, je glisserai un non dans l’urne.
Mais la contradiction n’est-elle pas seulement apparente ? Il semble peu plausible de défendre à n’importe quel prix son intérêt propre, sans poser la question du juste. Par principe, est-il par exemple possible de toujours voter en faveur d’une baisse et contre une augmentation d’impôts, sans réfléchir aux conséquences pour l’entier de la société ?
Il se pourrait qu’une telle réflexion sur le juste consacre la capacité d’empathie d’êtres vivant en communauté. En usant de ce pouvoir, chacun peut « se mettre à la place » des autres, tentant ainsi de décider ce qu’il choisirait s’il occupait cette position (s’il était handicapé, ou à l’aide sociale,…). C’est ainsi que l’électeur glisse un bulletin réfléchi dans l’urne, puisqu’il tente au mieux de prendre en considération les personnes qui l’entourent.
En pensant selon le principe de société juste englobant tous les concitoyens, n’est-ce pas au fond mon intérêt propre que je mets en avant, levant ainsi la contradiction apparue plus haut ? En un mot, c’est très certainement dans une société juste que réside mon intérêt propre: une réflexion qui permettrait d’éviter une tyrannie de la majorité, où le groupe dominant impose à tous son intérêt personnel, sans toujours poser la question du juste. A méditer en ces temps où les majorités (parfois absolues) se font et se défont.
Johan Rochel
www.chroniques.ch
lundi 8 septembre 2008
Les meilleurs au Conseil général
Déboucher sur de telles aberrations donne un signal très clair : le système est vicié. Il amène parfois au législatif des personnes peu motivées, ou peu conscientes de la somme de travail exigée.
En théorie, le rôle du législatif est pourtant de première importance. C’est lui qui donne l’impulsion nécessaire au travail de l’exécutif. De plus, il doit posséder les ressources et les compétences nécessaires pour enquêter et contrôler le travail des membres de l’exécutif. Au sens le plus noble du terme, le travail du législatif est donc d’une autre trempe que celle d’exécuteur ou grand gestionnaire : il dessine les grandes lignes, capable d’exercer une vue souveraine sur la vie de la cité.
Ceux qui ont tout vu et tout fait en politique répondront d’un revers du main : belle théorie. A tous les échelons, mais peut-être de manière encore plus sévère à l’échelle d’une ville comme Monthey, la réalité est en effet bien différente. C’est un exécutif de plus en plus professionnel qui mène le bal et répond aux attentes de la population. Le législatif est réduit à une instance de légitimation, plus ou moins consciencieuse.
Comment répondre à ce défi et donner un véritable pouvoir au législatif ? La solution idéale consisterait à redonner le goût de la chose publique. Pourquoi ne pas enseigner la noblesse de l’acte civique dans nos écoles et rendre attractifs les postes où l’intérêt de tous est en jeu ? Parce qu’elle est une belle et importante activité, la politique mérite que les meilleurs et les plus motivés s’y attèlent.
« Inatteignable » rétorqueront certains. Cherchons donc une solution plus prosaïque. Pourquoi ne pas entamer une réflexion sérieuse sur le nombre de conseillers généraux ? Pourquoi ne pas préférer la qualité à la quantité, même si la représentativité y laisse quelques plumes ? De plus, ne faudrait-il pas munir le législatif d’un véritable pouvoir d’investigation ? D’une part, lui donner les ressources nécessaires pour travailler un profondeur les différents dossiers et, d’autre part, peut-être revoir à la hausse les émoluments versés aux conseillers généraux. L’enquête publiée dans Bilan durant l’été – au titre univoque Les parlementaires communaux reçoivent des salaires de misère - montre en effet de substantielles différences entre les différents législatifs. Monthey, avec un coût de 1,48 franc par habitant, se montre particulièrement économe. Jusqu’à rogner la motivation nécessaire ?
Aux élus motivés de l’automne prochain, je souhaite le meilleur pour leur engagement. Aux autres, je les enjoins à revoir leur décision avant de se présenter devant le peuple.
Johan Rochel
www.chroniques.ch