Augustin est un citoyen heureux. Après une vie de labeur, il a décidé d’investir toutes ses économies dans une Bugatti de collection. Après cet achat, il vivra chichement. Mais que lui importe, une belle retraite s’annonce !
Alors qu’il s’arrête devant une voie de chemin de fer, Augustin se retrouve frappé par le sort. Il aperçoit un enfant inconnu dont le pied est coincé entre les rails. Alors qu’une locomotive pointe à l’horizon, Augustin doit agir vite : s’il précipite sa précieuse Bugatti sur les voies, il pourra sauver l’enfant en faisant dérailler la locomotive. S’il ne fait rien, l’enfant mourra. Que faire ?
Il y a fort à parier que la majorité d’entre vous, chers lecteurs, choisiraient de précipiter la Bugatti sur les voies. L’intérêt de la parabole d’Augustin, aussi exceptionnelle que puisse paraître son histoire, est en fait d‘interroger nos choix moraux quotidiens. Car en transformant quelques traits de l’histoire, la situation d’Augustin est clairement la nôtre. Les causes de la terrible mortalité enfantine sont connues et des efforts simples et ciblés pourraient déplacer des montagnes (eau potable, malnutrition, accès à des vaccins). A notre manière, via un simple don, nous pouvons mettre notre Bugatti sur les voies (notre «luxe») et sauver des vies.
Nombre d’entre vous tenteront de refuser cette conclusion en invoquant principalement trois arguments.
Premièrement, l’efficacité des dons peut être remise en cause. Je concède volontiers pertes et gaspillages. Cela n’empêche pas qu’une aide substantielle pourrait être délivrée avec la somme restante. De plus, l’incertitude quant aux résultats ne nous libère pas du devoir moral d’entreprendre une action sous-optimale. En admettant que le sacrifice de la Bugatti ne parvienne pas à tous les coups à sauver l’enfant, Augustin serait-il libéré de son devoir de tenter le coup ?
Deuxièmement, il est clair que les dons – tout comme le sacrifice d’Augustin – ne permettent pas de résoudre tous les problèmes. En ce sens, ils sont à concevoir en parallèle d’autres actions agissant sur les structures qui conditionnent une pauvreté endémique (par ex. lutte contre la corruption).
Troisièmement, l’histoire d’Augustin semble exiger de nous une sorte de perfection morale : tant que des enfants meurent sans raison, nous devons agir, quitte à ne garder que le minimum pour vivre décemment. Il n’est toutefois pas besoin de pousser l’argument jusqu’à ses extrêmes. Nous sommes tous dans la situation d’Augustin et, à défaut d’une Bugatti, nous avons tous les moyens de donner une part négligeable de notre fortune. Qu’attendons-nous ?
Pour réagir, www.chroniques.ch
Johan Rochel
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lundi 25 janvier 2010
dimanche 17 août 2008
Cambodge, relever ruines et défis
La deuxième chronique s'est invitée au Cambodge. Bonne découverte !
En traversant la frontière qui sépare la Thaïlande du Cambodge, c’est tout le chaos créateur d’un pays en construction qui s’offre à nous. Chaos, car les magnifiques étendues verdoyantes des rizières et de la jungle ne cèdent la place qu’à de petits villages pauvres et poussiéreux. De là, les habitants semblent préparer la reconquête de leurs terres, eux qui furent embourbés dans un génocide et de violents conflits durant près de 30 ans. Le pays se réveille doucement, peu à peu conscient de l’immensité des défis qui se présente a lui.
Mais ce chaos recèle un fort potentiel créateur, preuve que tout va très vite au Cambodge. Loin d’avoir digérés tous les méandres de leur histoire, les habitants veulent regarder vers l’avenir. Partout au Cambodge, la même constatation : très peu de personnes âgées croisées sur les trottoirs ou sur les marchés. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 40% de la population a moins de 15 ans.
Autour des centres de décision, le développement est violent. Sans plan d’urbanisme, les agglomérations poussent comme de grands champignons, dans un mélange de pollution et de poussière. Phnom Penh, la capitale, symbolise le cœur de ce processus. Dans une absence quasi totale de règles, des centaines de motos disputent la suprématie des routes aux grosses cylindres de la corruption. Quand les secondes font un plein à 200 dollars, c’est une année de salaire que le pompiste voit défiler devant ses yeux. Entre ces deux mondes, des milliers de dollars et l’exigence pour la société cambodgienne de chercher une base sociale capable d’assurer sa progression.
Angkor, le joyau d’un pays
Dans cette quête d’identité, le Cambodge a trouvé sa fierté culturelle et une manne financière qui ne semble pas prête de tarir : les temples d’Angkor. Chaque année, des milliers de visiteurs se pressent pour admirer les beautés de l’empire d’Angkor, vestiges des temps où les Khmères dominaient l’Asie du sud-est. Devant l’immensité du spectacle, l’imagination peine à reconstituer le faste et la beauté des édifices maintenant en ruine.
Conscient de l’importance du site, le gouvernement a tout mis en œuvre pour le rendre agréable aux touristes. Des hôtels de catégorie luxueuse et des restaurants des quatre coins du monde ont vu le jour a Siam Reap, la bourgade qui marque l’entrée des temples. Les mendiants et les estropiés, pourtant si présents dans le reste du pays, ont été effacés du paysage. Ou plutôt profitent-ils de l’intense activité caritative qui règne en ces lieux, preuve qu’un mouvement vers un mieux est en marche.
De Siam Reap, Johan Rochel
mardi 20 novembre 2007
De l'intérêt d'une chronique
Chères et chers internautes,
Soyez les bienvenus sur le blog " Tout en chroniques" !
Ce blog se veut avant tout un espace d'échange d'idées. Un lieu où le visiteur est invité à réagir au texte qui vient de lui être présenté.
La raison d'être d'une telle plate-forme d'interactions se trouve toute entière résumée dans la conviction que la rencontre d'une multitude d'avis et de positions et les échanges que nourrissent entre eux ces différents points de vue sont à la base de tout progrès. C'est en étendant son horizon de pensée que chacun peut espérer viser à un plus grand épanouissement au regard de ses différentes facultés et talents.
Afin de provoquer un tel cheminement intellectuel, quoi de mieux qu'un texte engagé et propre à bousculer des idées supposées solides ? Quoi de mieux qu'une chronique bien sentie, proposant une interrogation neuve et originale ?A n'en pas douter, il est peu probable que chacune des chroniques que vous trouverez sur ce blog bouleverse la compréhension que vous avez du monde qui nous entoure. A son échelle, chacun de ces courts essais aura gagné son pari s'il distille le doute ou provoque l'étonnement. Si une des chroniques n'y parvient pas, elle n'a pas sa place sur cette page. N'hésitez pas à le faire savoir !
Ces chroniques sont en effet pensées comme autant d'invitations à l'échange intellectuel. Je souhaite de tout coeur que ces textes vous donnent envie de critiquer les idées qu'ils contiennent. Dénoncer les raisonnements douteux et fustiger les propositions déplacées dans le respect de la position avancée sont les premiers facteurs d'enrichissement d'une telle plate-forme.
Il ne me reste qu'à vous souhaiter une excellente lecture. Critique, s'il était besoin de le préciser.
Johan Rochel
Soyez les bienvenus sur le blog " Tout en chroniques" !
Ce blog se veut avant tout un espace d'échange d'idées. Un lieu où le visiteur est invité à réagir au texte qui vient de lui être présenté.
La raison d'être d'une telle plate-forme d'interactions se trouve toute entière résumée dans la conviction que la rencontre d'une multitude d'avis et de positions et les échanges que nourrissent entre eux ces différents points de vue sont à la base de tout progrès. C'est en étendant son horizon de pensée que chacun peut espérer viser à un plus grand épanouissement au regard de ses différentes facultés et talents.
Afin de provoquer un tel cheminement intellectuel, quoi de mieux qu'un texte engagé et propre à bousculer des idées supposées solides ? Quoi de mieux qu'une chronique bien sentie, proposant une interrogation neuve et originale ?A n'en pas douter, il est peu probable que chacune des chroniques que vous trouverez sur ce blog bouleverse la compréhension que vous avez du monde qui nous entoure. A son échelle, chacun de ces courts essais aura gagné son pari s'il distille le doute ou provoque l'étonnement. Si une des chroniques n'y parvient pas, elle n'a pas sa place sur cette page. N'hésitez pas à le faire savoir !
Ces chroniques sont en effet pensées comme autant d'invitations à l'échange intellectuel. Je souhaite de tout coeur que ces textes vous donnent envie de critiquer les idées qu'ils contiennent. Dénoncer les raisonnements douteux et fustiger les propositions déplacées dans le respect de la position avancée sont les premiers facteurs d'enrichissement d'une telle plate-forme.
Il ne me reste qu'à vous souhaiter une excellente lecture. Critique, s'il était besoin de le préciser.
Johan Rochel
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